Nouvelles
Grâce de Noël…
posté le 24 décembre 2015
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Jésus vient nous faire miséricorde !

Une belle histoire…

Relisons une page de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : la fête de Noël qui a transformé sa vie :

 

comete_title« J’étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité (…). Il fallut que le Bon Dieu fasse un petit miracle pour me faire grandir en un moment et ce miracle il le fit au jour inoubliable de Noël, en cette nuit lumineuse qui éclaire les délices de la Trinité Sainte (Ps. 138,12), Jésus le doux petit Enfant d’une heure, changea la nuit de mon âme en torrents de lumière… en cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de ses armes (Eph. 6,11) et depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençai pour ainsi dire « une course de géant !… » (Ps. 18,6) La source de mes larmes fut tarie et ne s’ouvrit depuis que rarement et difficilement ce qui justifia cette parole qui m’avait été dite : « Tu pleures tant dans ton enfance que plus tard tu n’auras plus de larmes à verser !… »

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galaxie bleue008Ce fut le 25 décembre 1886 que je reçus la grâce de sortir de l’enfance, en un mot la grâce de ma complète conversion. Nous revenions de la messe de minuit où j’avais eu le bonheur de recevoir le Dieu fort et puissant. (Ps. 24,8) En arrivant aux Buissonnets, je me réjouissais d’aller prendre mes souliers dans la cheminée, cet antique usage nous avait causé tant de joie pendant notre enfance que Céline voulait continuer à me traiter comme un bébé puisque j’étais la plus petite de la famille… Papa aimait à voir mon bonheur, à entendre mes cris de joie en tirant chaque surprise des souliers enchantés, et la gaîté de mon Roi chéri augmentait beaucoup mon bonheur, mais Jésus voulant me montrer que je devais me défaire des défauts de l’enfance m’en retira aussi les innocentes joies, il permit que Papa fatigué de la messe de minuit éprouvât de l’ennui en voyant mes souliers dans la cheminée et qu’il dît ces paroles qui me percèrent le cœur : « Enfin, heureusement que c’est la dernière année !… » Je montais alors l’escalier pour aller défaire mon chapeau, Céline connaissant ma sensibilité et voyant des larmes briller dans mes yeux eut aussi bien envie d’en verser, car elle m’aimait beaucoup et comprenait mon chagrin : « O Thérèse ! me dit-elle, ne descends pas, cela te ferait trop de peine de regarder tout de suite dans tes souliers. » Mais Thérèse n’était plus la même, Jésus avait changé son cœur ! Refoulant mes larmes, je descendis rapidement l’escalier et comprimant les battements de mon cœur, je pris mes souliers et les posant devant Papa, je tirai joyeusement tous les objets, ayant l’air heureuse comme une reine. Papa riait, il était aussi redevenu joyeux et Céline croyait rêver!… Heureusement c’était une douce réalité, la petite Thérèse avait retrouvé la force d’âme qu’elle avait perdue à 4 ans et demi et c’était pour toujours qu’elle devait la conserver !…

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constellation007En cette nuit de lumière commença la troisième période de ma vie, la plus belle de toutes, la plus remplie des grâces du Ciel… En un instant, l’ouvrage que je n’avais pu faire en 10 ans, Jésus le fit se contentant de ma bonne volonté qui jamais ne me fit défaut. Comme ses apôtres, je pouvais Lui dire : « Seigneur, j’ai pêché toute la nuit sans rien prendre. » (Lc 5,4-10) Plus miséricordieux encore pour moi qu’Il ne le fut pour ses disciples, Jésus prit Lui-même le filet, le jeta et le retira rempli de poissons… Il fit de moi un pêcheur d’âmes, je sentis un grand désir de travailler à la conversion des pécheurs, désir que je n’avais (pas) senti aussi vivement… Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir, et depuis lors je fus heureuse !… »

 Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, manuscrit A (folios 44v-45v)

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Et moi ? Et nous ?

Le récit de sainte Thérèse nous concerne-t-il aujourd’hui ?

Laissons-nous éclairer par le commentaire du P. Louis Sankalé :

rembrandt pièce aux 100 florins004« Il est très frappant de voir qu’à chaque étape de la vie de Thérèse, chaque fois qu’elle a une lumière, cela se traduit par un acte. Elle le traduit dans sa vie d’une façon pratique. Pensons à la grâce de Noël 1886, par exemple, qui la transforme profondément. Cette nuit-là, elle est guérie de l’infantilisme (…) et cette grâce va se traduire en acte. Thérèse sent naître en elle l’urgence de la prière pour le salut des âmes. Peu de temps après, elle vivra l’épisode de la conversion de Pranzini. Elle met en œuvre immédiatement ce qu’elle reçoit. Elle prie, elle transforme en acte ce qu’elle a pressenti de la Miséricorde. Nous retrouverons le même processus à chaque étape de sa vie. Donc, ici, Thérèse ne veut pas s’en tenir à de beaux sentiments. Sa question est : « comment l’enfant témoignera-t-il de son amour ? » Il n’est pas capable de faire des œuvres éclatantes…

alors Thérèse répond :

 

rembrandt fils prodigue005« Oui, mon Bien-Aimé, voilà comment se consumera ma vie… Je n’ai d’autre moyen de te prouver mon amour, que de jeter des fleurs, c’est-à-dire de ne laisser échapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole, de profiter de toutes les petites choses et de les faire par amour… »

(Louis Sankalé, in Thérèse, dis-nous ton secret, pp. 145-146)

 

 

 

 

Quelques pistes pour nous aujourd’hui…

  • Suis-je prêt(e), comme Thérèse en ce jour de Noël 1886, à accueillir la miséricorde que Dieu me fait en Jésus ?
  • Comment est-ce que je me dispose à accueillir la grâce que Dieu veut me donner ?
  • Est-ce que je peux apprendre à saisir les occasions que Dieu me donne pour traduire en acte les dons reçus ?

 

 

Qu’en ce jour de Noël, notre Dieu fasse à chacun Miséricorde !
Qu’il nous aide à poser sur nos vies ce regard de bonté qu’il pose lui-même !
Et que ces jours de fête soient remplis de Sa joie !
Beau et saint Noël à chacun !