Françoise d’Amboise – Carmel de Vannes

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Les premières femmes au Carmel

Au 15e siècle, des femmes commencent à rejoindre le Carmel, attirées par sa spiritualité. Pour dynamiser et organiser ces communautés féminines de laïques, l’Ordre du Carmel crée une branche féminine, sous l’impulsion du Bienheureux Jean Soreth. La première communauté de carmélites est fondée à Vannes, conduite par la Bienheureuse Françoise d’Amboise, duchesse de Bretagne qui a préféré renoncer à ses titres pour entrer au Carmel.

En 2020, la communauté des carmélites de Vannes a fermé, et les soeurs ont rejoint notre communauté au Havre. L’histoire continue…

 

Voici une page dédiée à la Bienheureuse Françoise d’Amboise et à l’histoire du Carmel de Vannes.

 

Le Carmel en Bretagne

Lorsque les Frères viennent s’établir en Europe – ainsi à Paris en 1254 – la Bretagne se révèle terre particulièrement accueillante à leurs couvents: nommons les fondations de Ploërmel (1271), Saint Pol de Léon (1348), Pont-l’Abbé (1383), Hennebont (1384) et le Bondon à Vannes (1424).

Très tôt, au voisinage des Frères, des femmes sont attirées par la spiritualité du Carmel, vie en présence de Dieu, et s’en inspirent, soit isolément, soit en groupes: les « mantellate » en Italie, les « beatas » en Espagne, les « béguines » en Flandre et aux Pays-Bas.

 

Au 15ème siècle, le Carmel féminin

En 1452, le Bienheureux Jean Soreth, prieur général des Frères Carmes, accueille la demande des béguines de Gueldre, puis celles de Nieukerk, d’être affiliées à l’Ordre comme moniales. La branche féminine du Carmel est née… En 1455 et 1457, les béguinages de Dinant et de Liège deviendront à leur tour « Carmels ».

Mais le 1er Carmel féminin, fondé comme tel en 1463, sera celui du Bondon à Vannes, œuvre de Jean Soreth et de Françoise d’Amboise alors duchesse de Bretagne.
Veuve, sans enfants, Françoise qui n’a que 30 ans, pense à la vie religieuse. La rencontre avec Jean Soreth, venu visiter les 7 couvents bretons de frères Carmes, est déterminante dans son choix. A proximité du couvent des frères au Bondon, elle fait construire une maison destinée aux futures Carmélites : le Monastère, précise la Bulle du 16 février 1460, appartiendra à la Réforme de Jean Soreth, c’est-à-dire à l’observance régulière de la Règle mitigée, et sera de « clôture étroite ».

Les 9 religieuses, formées par Jean Soreth, arrivent de Liège le 2 novembre 1463, et le 1er février suivant prennent solennellement possession du monastère enfin achevé et placé sous le vocable des « Trois-Marie ».

Cinq ans plus tard, Françoise peut enfin réaliser son projet de revêtir l’habit du Carmel, puis s’engager par la Profession religieuse le 25 mars 1469. Élue prieure, elle devra prendre, en 1477, la décision de transférer le couvent aux Couëts, à Nantes où elle décédera en 1485.

 

1530 – 1792 : Le Carmel de Nazareth

En 1530, la communauté des Couëts est devenue nombreuse, et un groupe de sœurs peut venir à Vannes pour y fonder un nouveau monastère. Il sera inauguré sous le vocable de « Nazareth ». La communauté y mènera une vie régulière et fervente, ponctuée par les Heures de l’Office y compris de nuit, le travail manuel en commun où l’on peut exprimer sa ferveur en chantant des cantiques. Les sœurs ont le privilège de bénéficier du ministère des Frères Carmes, tels le P. Philippe Thibaut, initiateur de la Réforme dite de Touraine.

De « Nazareth » naîtront 2 fondations: à Rennes, en 1622, sous le vocable du « Saint Sépulcre » et à Ploërmel, en 1627, le Carmel de « Bethléem ».

Dans ces 4 couvents que nous pouvons appeler « amboisiens », des centaines de moniales ont embrassé la vie du Carmel, selon les constitutions et les coutumes instaurées par la Bse Françoise. Une vie communautaire que seule la Révolution Française viendra interrompre en 1792, transformant ou détruisant les couvents.
A Vannes, nous aimons évoquer la fidélité des sœurs qui continueront leur vie religieuse pendant des dizaines d’années, soit en choisissant de s’exiler en Espagne, soit en demeurant dans leurs familles. Parmi elles, Mère Marie de St Fidèle que les paroissiens de la Cathédrale savaient, malgré ses vêtements civils, être « une carmélite de Nazareth ».

 

1866 : 3ème Carmel de Vannes – le Carmel thérésien

18 ans seulement vont s’écouler entre la mort de Mère Marie de St Fidèle et l’arrivée à Vannes d’un nouvel essaim de Carmélites, cette fois issues de la Réforme initiée par Ste Thérèse d’Avila.
Fondation due au zèle de Mère Séraphine de la Croix, professe du Carmel de Cahors et fondatrice de celui d’Angers. Alors que Françoise d’Amboise n’est pas encore béatifiée, Mère Séraphine lui voue une dévotion particulière et n’aura de cesse que le Carmel féminin soit à nouveau présent dans la ville bretonne où il est né ! 

Quelques repères :

1866 : Le 25 janvier, installation provisoire rue du Nord, actuelle rue Brizeux. En septembre, pose de la 1ère pierre du monastère, rue de la Loi, actuelle rue Jean Gougaud. Le Monastère porte le vocable du Sacré-Cœur de Jésus.
Côté rue, le Carmel est proche de ce qui est alors « le Champ de Foire » (aujourd’hui Place de la Libération), et donc de l’emplacement de l’ancien Carmel de Nazareth. Côté jardin, les sœurs bénéficient d’un environnement quasi rural, avec peu d’habitations dans le quartier jusqu’à la moitié du 20ème siècle.

 

Pendant près de 150 ans, les sœurs vivront du travail du jardin potager et d’une petite ferme, progressivement supprimée, de la confection des vêtements liturgiques, ainsi que de la vente des hosties fabriquées dans d’autres monastères.

Le travail de la ferme et du jardin devenant trop lourds, une partie du terrain sera vendue à la ville pour en faire les maisons de retraites « MAREVA » en 1989, car la communauté des carmélites souhaitait que les constructions soient à « but social ».

1995 : Le Carmel de Brest s’unit au Carmel de Vannes, dans un esprit de « refondation »; les soeurs choisissent ensemble le nom de « Carmel de l’Annonciation ».  L’atelier de céramique vient diversifier le travail.

2000 : Restauration de la Chapelle

2013 : Le monastère est devenu trop vaste pour une communauté moins nombreuse.
Les sœurs de la Charité de St Louis accueillent fraternellement la demande des carmélites pour qu’elles puissent continuer près d’elles notre vie monastique à Vannes.

Près du Port, les carmélites sont à nouveau au voisinage d’un autre lieu carmélitain : celui de l’ancien couvent des Carmes Déchaux (1627 – 1792) – aujourd’hui l’École de Musique.

2020 : Les carmélites de Vannes rejoignent le Carmel du Havre.