Vivre du travail de nos mains

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Une tradition…

S’appuyant sur l’exemple et les paroles de saint Paul (2 Th 3, 7-12), notre Règle de vie nous invite à travailler de nos mains pour vivre. Elle nous met en cela sous la règle commune du travail pour tout homme, toute femme. Thérèse d’Avila, dans l’Espagne du siècle d’or, reprend cette même intuition : elle fonde des monastères « sans rentes » – les sœurs vivent du travail de leurs mains et reçoivent l’aide de leurs amis comme un don prévenant de Dieu lui-même.

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Chaque communauté doit donc trouver ce qu’elle peut produire en fonction à la fois des dons et capacités des sœurs mais aussi de la possibilité d’écouler les produits fabriqués. Ce n’est pas toujours une recherche aisée : d’une certaine manière, elle nous fait rejoindre les préoccupations de tous ceux qui cherchent du travail pour faire vivre leur famille. Ainsi, si la prière nous met d’emblée en communion avec tous, le travail est lui aussi un lieu de communion avec tous.

Nous avons la chance d’aimer le travail que nous faisons. Actuellement, nous avons un atelier qui assure l’équilibre économique du monastère : la confiturerie  .

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Une mise en place progressive du travail

La confiturerie
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L’atelier de confitures s’est progressivement mis en place. Au début, les sœurs récoltaient les fruits du verger et les transformaient en confitures pour la consommation de la communauté. L’excédent était vendu à l’accueil du monastère.

C’est à partir de 1978 que l’organisation d’un travail suffisamment rentable devient nécessaire car les communautés religieuses de France sont invitées à payer leurs cotisations sociales. Pour notre communauté s’ouvre alors un moment de réflexion intense : quel travail choisir ? Conseillées par des amis insérés à divers titre dans le monde économique, les sœurs décident de s’orienter vers la production à plus grande échelle de confitures – en abandonnant des ateliers peu rémunérateurs.

 

cuisson_geleeEn effet, une de nos sœurs, particulièrement douée en cuisine, détient d’anciennes recettes de confitures. Elle va donc transmettre à plusieurs sœurs de la communauté son « secret de fabrication » et permettre ainsi d’accroître la production. Les sœurs choisissent cette activité car elle représente un travail manuel simple ne requérant pas de compétence très pointue et dans lequel chacune peut s’insérer selon ses forces physiques et ses talents de cuisinière. La communauté crée alors une entreprise – « Artisanat monastique Kerith » – puisque son activité commerciale le nécessite.

Héritières de cette réflexion communautaire, nous constatons aujourd’hui que les différentes étapes de production accomplies dans des ateliers séparés, tissent un lien communautaire fort entre nous car chacune dépend des autres, chacune a sa place au travail, chacune porte la responsabilité de la tâche qui lui est confiée.

 

 

Progressivement, dans les années 2000, l’atelier se modernise et se mécanise, sans perdre sa qualité de travail artisanal : dénoyauteurs, coupe-fruits, bras mécaniques et lavage automatique des pots viennent soulager la pénibilité de certaines tâches. Ainsi la confiturerie est pour nous un lieu de perpétuelle recherche et d’innovation…

 

Le travail comme chemin spirituel

Le travail au monastère cherche donc avant tout à subvenir aux besoins de la communauté. Il n’en demeure pas moins qu’il est pour chacune de nous un chemin d’humanité et de spiritualité.

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Un chemin d’humanité car le travail structure l’être humain en lui faisant mener à bien une tâche dont il est responsable. Il nous donne de produire quelque chose d’extérieur à nous-mêmes, nous mettant en relation avec d’autres.

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Un chemin de spiritualité, car travailler c’est participer à l’œuvre de Création du Père, en déployant le don de créativité qu’il a lui-même déposé en chacune de nous.

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Accompli en solitude, le travail est pour nous toutes, un des lieux d’intériorisation de la Parole de Dieu lue et méditée à l’oraison et à la lectio divina. Dans le silence, nous travaillons de nos mains, laissant notre cœur libre pour se souvenir des paroles de notre Seigneur.

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Au monastère, chaque sœur découvre progressivement que le travail peut devenir service et amour des autres s’il est porté par une attitude intérieure fondée sur Celui qui est « venu non pour être servi mais pour servir »…