Témoignages

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Une carmélite du Havre témoigne…

Cette page, régulièrement mise à jour, a été créée pour laisser la parole aux sœurs de la communauté du Carmel du Havre. Diverses dans leurs origines, dans leurs parcours, les carmélites peuvent dire, chacune à leur manière, comment elles sont arrivées là… et pourquoi elles sont restées, ce qui a du sens dans leur vie aujourd’hui…

La vie du Carmel en 4 mots-clés

RISQUE

Entrer au Carmel, faire le choix de devenir carmélite contemplative, c’est opter pour un style de vie cloîtrée… et prendre le risque de rater plein de choses que j’aurais bien voulu faire et qui ne seront plus possibles…

oser se lancer

Comment oser ce pas ?

  • en réalisant que ce choix (comme tout choix) n’est pas aussi définitif et radical qu’il en a l’air : c’est vrai qu’il y a « avant » et « après » l’entrée au monastère, mais cette entrée est précédée de plus petits choix qui m’ont progressivement orientée vers ce « grand » choix ; et l’entrée est encore suivie d’un long temps de formation pour vérifier que je suis bien à ma place ici !
  • en m’appuyant sur les choix déjà posés, qui confirment (ou infirment) ce qui est important pour moi, là où je me sens bien… Cela dit déjà ce à quoi le Seigneur m’appelle !
  • en m’ouvrant à l’inconnu : en fait, le Carmel, ce n’est pas exactement comme je l’avais imaginé ! Et s’il y a des choses que je ne fais plus, j’en ai appris plein d’autres auxquelles je n’aurais même pas pensé !
  • en choisissant le risque comme mode de vie : car vivre, ce n’est pas seulement éviter de mourir en prenant le moins de risque possible. Vivre pleinement, c’est prendre des risques, les assumer, les relire, oser se tromper… Quand je suis entrée, il n’était pas écrit que j’allais rester !
  • comme pour le jeune homme riche, mes choix révèlent à quoi je tiens…

 

PRIERE

Entrer au Carmel, c’est mettre la prière au centre de la vie…

Est-ce que ce n’est pas trop barbant ?

  • la prière, c’est une rencontre avec un ami, Jésus-Christ : lui parler, l’aimer, le regarder, le consulter, l’interroger, l’écouter… Comme l’écrit sainte Thérèse d’Avila : « L’oraison, c’est un entretien fréquent, seul à seul, avec Celui dont on se sait aimé » (Livre de la Vie 8, 5)
  • cette rencontre, elle prend différentes formes dans la journée : oraison silencieuse, prière chantée, Eucharistie, lectio divina, prière continuelle en travaillant, partages avec les sœurs ou d’autres personnes…
  • comme toutes les relations humaines, cette relation avec le Christ évolue ; elle est tissée de tout ce qui fait ma vie (les hauts et les bas), de tout ce qu’il me donne comme éclairages, de moments denses ou de traversées désertiques…
  • c’est passionnant de le chercher, de (re)découvrir qu’il m’attend, qu’il m’aime…

 

MISSION

Entrer au Carmel, c’est accepter une mission… celle de la prière…

En quoi ça consiste au juste ?

  • prier, c’est rencontrer le Christ dans tous les aspects de ma vie
  • cette relation me transforme ; voilà la 1ère mission : accepter de me laisser transformer par Lui en accueillant ses dons et sa présence. Pas si facile ! Je tiens tellement à l’image que j’ai de moi, à mon savoir, à mes talents… Le Christ ne me demande pas de renier tout cela, mais de le lui confier pour qu’il fasse lui-même porter du fruit à ce qui est en moi…
  • La 2e mission qui va avec la 1ère : croire que ma transformation personnelle a un impact dans le monde. Si je deviens un être de paix, de joie, de patience, de bonté… je peux rayonner tout cela et contribuer à l’apporter dans le monde. Cela m’invite à croire que mon existence a du poids, de la valeur… Pas si facile !
  • Bien sûr, nous sommes tous appelés à être des personnes de paix là où nous sommes, quel que soit notre genre de vie. Mais pour les contemplatifs, cette conversion est essentielle.
  • 3e mission – et pas la moindre : louer Dieu, le remercier, intercéder pour les hommes…
  • ces missions, je ne peux les vivre que si j’y suis appelé(e)…

 

AMITIE

Entrer au Carmel, c’est accepter tout ce qui vient d’être décrit : le risque, la vie de prière, la mission de louange et de transformation de soi… accepter tout cela, non parce qu’on est très fort, mais parce qu’on s’appuie sur une amitié.

S’appuyer sur les autres, c’est possible ?

  • M’appuyer sur Jésus, parce qu’il m’a appelée par mon nom. Croire que s’il m’a appelée, il ne me laissera pas tomber
  • M’appuyer sur les sœurs de la communauté : être des amies, de vraies amies qui peuvent compter les unes sur les autres, se soutenir, rire ensemble, jouer, pleurer, peiner…
  • Avec Jésus et les sœurs, apprendre la confiance : c’est cela la foi, et pas seulement un contenu auquel j’adhère intellectuellement.
  • Je ne peux pas vivre sans « croire », sans faire confiance ; je ne peux pas tout savoir ni maîtriser…
  • M’appuyer sur les autres et sur Jésus, c’est le remède à mes peurs de ne pas y arriver ; c’est faire le choix de l’ouverture plutôt que du repli individualiste ; c’est oser l’espérance que toute histoire, toute relation est porteuse de sens
  • En fait, il s’agit de me laisser aimer… et cela peut prendre toute une vie pour accepter d’être aimé(e), sans devoir rendre quoi que ce soit, sans me dire que je dois être à la hauteur… Etre aimé(e) gratuitement, pour ce que je suis…