Une belle collaboration

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Ce jardin est le fruit d’une belle collaboration entre notre communauté et les artistes qui s’y sont investis. Nous avons sur cette page déjà donné la parole à M. Samuel Craquelin, l’architecte-paysagiste qui a su mettre en espaces nos propositions – écoutons maintenant M. Jean-Pierre Lartisien, sculpteur du portillon d’entrée, et Mme Chantal Giraud, sculptrice des deux œuvres en verre fusionné : la dalle au fond du puits et la noria.

 

M. Jean-Pierre Lartisien, sculpteur de la région havraise

lartisien« J’ai accepté de faire cette porte, touché et intéressé par deux rencontres : une communauté et un lieu.

Cette porte devait être ajourée, presque virtuelle, pour permettre une transparence, afin que le regard puisse traverser l’obstacle sans être arrêté.

Elle devait être végétale pour se fondre dans le paysage ; être protectrice sans autorité ni agressivité. »

 

 

 

 

Mme Chantal Giraud, sculptrice à Manosque en Provence

st-therese« Ce travail s’inscrit dans les jardins du Carmel du Havre, à la demande des sœurs en 2012. Il est le fruit d’une méditation sur les écrits de sainte Thérèse d’Avila et d’une riche collaboration de près d’une année avec les carmélites, en lien avec le paysagiste Samuel Craquelin.

 

 

L’eau vive du puits : La première manière d’arroser notre jardin intérieur

noria2« Notre prière ressemble à l’effort que le jardinier doit déployer pour aller puiser de l’eau au fond du puits. »

Au plus profond du puits, une dalle circulaire sculptée et polie par le feu du four de fusion posée sur un sable sombre, évoque l’eau si difficile à recueillir.

Dialogue avec les Sœurs du Carmel : « La dalle de verre dans le puits a parfaitement trouvé sa place : sa présence aide encore mieux qu’avant à saisir le rapport que la prière permet d’entretenir avec notre Source intérieure à retrouver. Cette dalle crée maintenant une véritable unité (esthétique et spirituelle) entre les trois premières manières d’arroser le jardin (puits, noria, canal). »

La noria : La deuxième manière d’arroser notre jardin intérieur

noria« Là, l’effort du jardinier se trouve un peu soulagé… »

L’eau vive au fond du puits se verticalise dans la noria rehaussée par le petit pont de pierre ; elle allie un « mouvement très dynamique et une grande stabilité ». Les deux roues de verre diaphane sont parcourues de nervures évoquant un ruissellement d’eau.

Dialogue avec les Sœurs du Carmel : « Nous voyons également dans les nervures beaucoup de douceur ; le mouvement n’est pas violent, mais il emporte. Cette sculpture semble vivante, elle évoque « la vie, le mouvement et l’être » (cf. Ac 17, 28). Les mouvements rendus dans le verre évoquent remarquablement le travail de la grâce dans l’âme, puisque c’est dans l’oraison de quiétude que l’âme commence à laisser la grâce travailler et à ressentir ses effets : ainsi, les nervures semblent ‘naturelles’, loin de tout artefact, de toute production humaine, d’un mouvement voulu et créé par l’homme. Et cela s’insère bien ainsi dans le cadre végétal qui sera celui de la noria. »

Dans l’univers sec et minéral de ce jardin, les premiers pas sur le chemin de prière proposé par Thérèse d’Avila sont accompagnée par l’évocation poétique de l’eau du puits et de la noria, au travers d’un verre diaphane métamorphosé par le feu. La marche se poursuit dans le jardin humide, puis luxuriant, où l’eau est une « vraie » eau qui court dans le canal, s’épanche dans le bassin, et tombe du ciel en pluie bénéfique.

 

Le travail du verre

Le matériau mis en œuvre est un verre transfiguré par le feu, diaphane, une transformation de la matière sculptée par le feu dans une grande sobriété.

Le verre, très présent sous forme de silicium dans l’univers, dans l’écorce terrestre tout comme dans le corps humain, est sans doute aussi, le plus ancien matériau fabriqué par l’homme, découvert par un heureux hasard de combustion de carbonate de sodium naturel sur une plage méditerranéenne.

Chauffé à haute température, il devient liquide et peut épouser toute forme. Son refroidissement oblige à respecter des paliers à des températures critiques où se créent des tensions qu’il convient de résorber pour éviter qu’il ne casse.

Il faut accepter la part de hasard, laisser faire le feu dans une attente patiente, et soi-même, se laisser vérifier, justifier par le feu et découvrir cet inattendu qu’il révèle.

Le feu est un partenaire étonnant, un transformateur de génie.

Déjà dans la nature, il préside à la formation du verre : les volcans produisent l’obsidienne, un verre opaque et sombre et la foudre frappant le sable des déserts engendre les fulgurites.

Il suffit souvent de mettre en place, avec une grande économie de moyens, tous les éléments de la transmutation du verre.

Il épouse en fusion le socle sculpté composé de plâtre, de silice et de chamotte.

Il renaît ainsi sous une autre forme, paré de mille feux dans un éclat diaphane.

Les grandes ondes parcourant la matière habitée d’écume et de ressacs rappellent son voyage transformateur et sa liquéfaction antérieure.

La matière née du feu témoigne de l’eau.

La confrontation au verre, ce matériau qui se laisse difficilement apprivoiser, en fait un précieux compagnon d’œuvre.

Avec lui, un rapport fort se met en place avec la compréhension de ses limites et l’acceptation d’un aléatoire, d’un incertain qui oblige à une grande rigueur, à l’obstination et à la précision des opérations.

Grâce à lui, s’élève une hymne à la matière et à la lumière. »

« Gratitude, faire silence. Ecouter en soi le retentissement de ce mot, un murmure, celui d’une eau très limpide ». Dominique Ponnau

 

Horaires d’ouverture : de 10 h à 12 h et de 14 h 30 à 16 h 30, tous les jours sauf le lundi (demander le pass à l’artisanat)

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